Chapelle du Saint-Esprit
(Chapelle de la Maison de Berdiaev)
L'Association
Union des Associations Culturelles de l'Eglise orthodoxe
83 rue du Moulin de Pierres 92140 Clamart
courriel : Tél: 01 46 42 00 12
iosif1978@gmail.com
La Chapelle
Toutes les prières mariales de l'occident ne
sont rien
à côté de la place première que
Marie occupe depui le IVe siècle dans la tradition byzantine.
Prières
liturgiques et fêtes
de la Vierge qui ponctuent l'année : Marie est au
coeur de la vie du chrétien
orthodoxe, même s'il ne dit pas le "Je vous salue Marie".
Un voyageur anonyme du XIxe siècle a fait
découvrir à l'Occident ce qu'est la prière du
coeur, terme quasi scientifique pour ce qui est la
respiration spirituelle de tout croyant: que ce soit
la formule Seigneur Jésus, fils de Dieu, aie pitié
de moi pécheur ou tout simplement le nom de
Jésus répétés doucement, lentement, n'importe
où, n'importe quand, aussi fréquemment que possible, cette imprégnation
graduelle nous met
en osmose avec Dieu.
Et les icônes ... elles sont la marque visible de la
communion des saints. En vénérant les icônes des
saints, on entre dans ce mouvement cosmique qui
va de la terre au ciel pour revenir à la terre.
Cette
vénération a pour le chrétien orthodoxe la même
importance que l'écoute de la Parole.
Cela n'a
rien à voir avec nos images pieuses !
Pierre Kemner
extrait de "Mosaïques" no 18
Office une fois par an, 2e jour de Pentecôte
(fête du Saint-Esprit) à 10h
Tout le monde est invité à y participer

Dans la chapelle, l'iconostase peinte par
le père Grégoire Krug
extrait de "Messager de l'Eglise orthodoxe" no 9
Berdiaev
Né le 19 mars 1874 à Kiev (Ukraine), et décédé le
24 mars 1948 à Clamart (France), est un philosophe russe de langue
russe et française.
Qui était -il?
Né dans une famille de l'aristocratie,
il est d'abord révolutionnaire et marxiste, puis se rapproche de l'Eglise
orthodoxe et développe une philosophie qualifiée de personnaliste,
qui sera plus tard une des principales sources d'inspiration de la revue
Esprit dirigée
par Emmanuel Mounier. Berdiaev vit activement, avant 1914, "l'âge
d'argent", période de renouveau culturel intense de la Russie. Mais
après la prise du pouvoir par les bolcheviks en 1917, il devient suspect.
Professeur à l'université de Moscou, il est expulsé de son
pays en 1922. Il séjourne quelque temps à Berlin, puis se rend à Paris,
où il anime une académie de philosophie religieuse. Il s'installe à Clamart
où vivaient alors de nombreux émigrés russes.
Sa pensée
est l'un des sommets de l'existentialisme chrétien.
Elle reflète aussi l'influence de Jacob Boehme dont il traduisit en
français le Mysterium Magnum, précédé de deux
précieuses études.
Pour Berdiaev, le premier principe n'est pas l'être mais la liberté.
A partir de cette liberté, Dieu crée l'homme, l'être
libre. La liberté étant par nature irrationnelle peut donc
conduire aussi bien au bien qu'au mal. Selon lui, le mal, c'est la liberté qui
se retourne contre elle-même, c'est l'asservissement de l'homme par
les idoles de l'art, de la science et de la religion qui reproduisent « les
rapports d'esclavage et de domination dont est issue l'histoire de l'humanité ».
Berdiaev se révolte contre les conceptions rationalistes, déterministes,
téléologiques qui brisent le règne de la liberté.
Le problème de l'existence humaine est donc celui de sa libération.
Ici, Berdiaev fonde une véritable philosophie de la personne qui influencera
Emmanuel Mounier et le personnalisme, ou encore le jésuite uruguayen
José Luis Segundo, théologien de la libération qui fit
sa thèse sur lui.
Se dressant contre toutes les formes d'oppression sociale, politique,
religieuse, dépersonnalisantes et déshumanisantes, l'œuvre de Berdiaev
agit comme un vaccin contre toutes les formes d'utopies meurtrières
du passé et de l'avenir. Par opposition, elle souligne les vrais besoins
et la vraie destination de l'homme qui est surnaturelle liberté issue
du mystère divin et fin de l'histoire dans une annonce du Royaume
de Dieu que l'homme doit d'ores et déjà préparer dans
l'amour et la liberté.
"Ce qui se passe dans les profondeurs de l'homme se passe également
dans celles de Dieu."
"La liberté s'allume dans les ténèbres."
"Là où il n'y a plus de Dieu, il n'y a plus d'homme
non plus."
"La personne humaine... est la révélation en l'homme de l'image
de Dieu."
"Le mystère divin et le mystère humain ne sont qu'un
mystère;
en Dieu se garde la mystique de l'homme et dans l'homme le
secret de Dieu."
S'il fallait retenir une phrase de Nicolas Berdiaev, ce serait peut-être
celle-ci: « Dans le Christ, Dieu devient visage, et l'homme à son
tour connaît le sien. »
Clamart
Nicolas Berdiaev s'y installa dès son arrivée
en France. Il fut jusqu'à la fin de sa vie paroissien de l'église
des Trois-Saints-Docteurs (rue Pétel, dans le XVe arrondissement
de Paris). La vie religieuse de Berdiaev ne fut pas toujours simple: avant
la seconde guerre mondiale, il fut considéré comme hérétique
par beaucoup d'orthodoxes. Pendant la guerre, il cessa ses recherches et
revint sur beaucoup de ses théories. Il avait alors comme confesseur
l'archimandrite Serge (Chévitch), recteur de la paroisse orthodoxe
de Vanves. Nicolas Berdiaev communiait régulièrement et vivait
comme frère et sœur avec son épouse qui était
devenue catholique. Elle avait son père spirituel à l'église
Saint-Germain-des-Prés.
Sa maison devint un lieu de rencontres pour de nombreuses personnalités
de l'émigration russe qu'il y invitait régulièrement,
ainsi que des catholiques français. Y sont venus parmi beaucoup d'autres
le philosophe "existentialiste" Léon Chestov, le philosophe
et militant catholique
Jacques Maritain et mère Marie Skobtzov, fondatrice de l'Action orthodoxe
en faveur des démunis, morte en déportation en 1945 et canonisée
par l'Eglise orthodoxe en 2004.
Berdiaev se rendait rue Pétel avec sa belle-sœur, Eugénie
Rapp. C'est à elle qu'il légua sa maison de Clamart. Elle y
vécut quelque temps après la mort du philosophe, puis la vendit
au patriarcat de Moscou en 1956. Le métropolite Nicolas Eremine, ordinaire
des paroisses du patriarcat de Moscou en
France, acheta la maison et décida d'y conserver le cabinet de travail
de Nicolas Berdiaev pour en faire un petit musée. Il a été consevé tel
quel.C'est à cette époque
que l'iconostase de la chapelle privée de la maison de Berdiaev, dédiée
au Saint Esprit et à Saint Nicolas, fut peinte par le père
Grégoire Krug.
Dans la maison de Berdiaev ont vécu, notamment, Mgr Alexis van der
Mensbrugghe, le père Nicolas Ozoline et sa famille, l'hégoumène
Barsanuphe Ferrier, Michel Epstein et beaucoup d'autres. Il exista en ce
lieu une vraie vie de paroisse. Le père Vladimir Feodorov y célébrait
régulièrement, l'archimandrite Silouane Strijkov également.
La mère Elena Hungern, tonsurée moniale par père Sophrony
Sakharov, vivant à Sainte-Geneviève-des-Bois, chantait dans
le chœur. Dans les années 1960 et jusqu'à la fin des
années 70, le peintre Landskoy et son épouse s'intéressèrent
beaucoup à cette chapelle dont ils voulaient faire une paroisse pour
les artistes. Ils y organisaient régulièrement des
liturgies et faisaient chercher en taxi les paroissiens qui vivaient trop
loin.
Pendant longtemps, la maison avec sa chapelle furent entretenues par le père
Georges Wostrel qui rejoignit l'exarchat du patriarcat de Moscou en 1976.
Ordonné prêtre à Vienne (Autriche) par Mgr Germain, alors évêque à Vienne
(il est maintenant métropolite de Volgograd), le père Georges
s'est installé dans la maison de Berdiaev en 1987 et y vécut
jusqu'en 2005. Jusqu'en 2000, il célébrait environ trois fois
par an dans la chapelle de la maison: pour la mémoire de l'apôtre
Jacques - selon le rite de la liturgie de Saint Jacques, le jour de la fête
patronale de la chapelle le lundi de Pentecôte, fête du Saint
Esprit, et le jour de la mémoire de Saint Jean de Rila.
La chapelle de la maison de Berdiaev conserve aujourd'hui l'icône patronale
de l'ancienne paroisse de la Protection de la Mère de Dieu de Lyon, ainsi que les icônes
de la chapelle de Mgr Nicolas qui se trouvait dans la maison de Galina Darigan
(morte en 1985), où il avait sa demeure depuis son départ à la
retraite, lorsqu'il quitta en 1971 le domaine de Villemoisson.
Depuis 1976 l'état de la maison s'est beaucoup dégradé.
Le père Georges Wostrel y effectua des petits travaux de restauration.
Puis, l'archevêque Innocent de Chersonèse y fit de nombreuses
réparations en 2001. À l'occasion du soixantième anniversaire
de la mort de Nicolas Berdiaev (2008), la maison a été complètement
restaurée,
ainsi que les dépendances, qui étaient en mauvais état.
C'est dans cette annexe que se trouve la chapelle.
Dans la maison de Berdiaev vivent à l'heure actuelle des prêtres
du diocèse de Chersonèse desservant l'église des Trois-Saints-Docteurs.